La Belle Chasse

    LA NOUVELLE PAGE DU SITE PHOEBUS par Christian Rocheleux
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PRESENTATION
    Depuis sa création, l'Association Phoebus n'a cessé de réaliser sa vocation : mettre en relation les chasseurs de grands gibiers et les territoires de chasse, mais sans porter une attention particulière à la chasse des grands gibiers elle-même dont la pratique - nous le savons - laisse parfois à désirer. Cette nouvelle page se propose donc de combler au mieux cette lacune.
Si la belle chasse peut être un idéal pour le chasseur, elle ne peut découler que de la chasse responsable et exigeante faite de bonne connaissance du gibier, de bonne gestion de ses populations, de bons aménagements des territoires de chasse et de bonnes pratiques de chasse. Vaste programme !
Les articles ci-dessous consacrés aux cervidés, à leur comportement, leur chasse et leur gestion s'adressent aux chasseurs et aux responsables de territoires pratiquant surtout la chasse individuelle du grand gibier et devraient leur permettre d'approcher cet idéal.
Les ouvrages présentés en bas de page dans Aménagement des territoires et Bibliographie ont été sélectionnés pour leur qualité et sont cités pour leur information et ... leur formation : un chasseur informé en vaut deux !
- Pour alimenter cette page en textes et préconisations diverses, l'association a eu recours à la collaboration de chasseurs et d'organismes qualifiés et reconnus pour leurs compétences.
- Tous les ouvrages cités dans la bibliographie sont édités en français.


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La chasse du cerf au brame

Lire Le brame du cerf

    La période du rut du cerf élaphe est, dans notre langage de chasseur, le plus souvent confondu avec le cri - ou raire - que pousse le cerf à ce moment-là. Ainsi parle-t-on du "brame" du cerf pour désigner aussi certaines de ses expressions vocales que la période de l'année au cours de laquelle il pousse ses vocalises bien caractéristiques. Pour tout chasseur de grand gibier, le brame du cerf constitue en tout cas un moment chargé d'émotions : l'apogée de sa saison de chasse qu'il ne veux manquer à aucun prix.
C'est en effet au moment du brame que les cerfs perdent en partie leur méfiance à l'égard de l'homme : ils se montrent moins discrets que d'habitude, surtout les vieux "coiffés" qui, à toute autre période de l'année, ne se laissent guère entrevoir. Ainsi, c'est avant tout au brame que l'on peut apercevoir ces grands cerfs dont on ne distingue le plus souvent que l'empreinte du pied dans le sol (le vol-ce-l'est).


Lire Quand le brame débute-t-il ?

    Sur les territoires de chasse où les densités de cerfs sont importantes, l'ambiance du brame peut parfois déjà s'installer dès la fin du mois d'août : ici ou là, quelques cerfs commencent à s'exprimer. Mais, dans la plupart des pays d'Europe, le brame atteint sa plénitude vers le 20 septembre pour diminuer et cesser progressivement à partir du 1er octobre. Il arrive cependant que dans les régions de haute montagne, ainsi que dans certaines régions d'Europe du nord, comme l'Ecosse par exemple, le brame se déroule plus tardivement. Ainsi les cerfs d'Ecosse ne commencent-t-ils vraiment à bramer qu'à partir du 1er octobre. Mais leur période de rut se prolonge alors jusqu'à la fin du mois.
Toujours est-il que le brame débute d'autant plus tôt que la densité d'animaux est forte et que leur condition physique est bonne. Si au cours de l'hiver précédent les animaux n'ont pas trop souffert de disette et s'ils ont par exemple bénéficié d'un bon affouragement hivernal, il arrive alors que le brame commence deux voire trois semaines plus tôt qu'en cas d'hiver très rigoureux (avec un fort enneigement) provoquant un mauvais état sanitaire des animaux. De même, si la densité de cerfs est importante - ce qui signifie généralement aussi qu'il y a suffisamment de cerfs adultes -, alors le brame s'avère aussi plus précoce. Ce sont en effet les vieux cerfs qui commencent à bramer les premiers.


Lire L'importance surestimée de la météorologie

    Lorsqu'un territoire des chasse est bien géré et que les dérangements - notamment par les chasseurs eux-mêmes - y restent limités, le brame effectif ne s'y déroule dans l'ensemble que sur une période plutôt courte. Cette "synchronisation des chaleurs", comme l'appellent les zootechniciens lorsqu'ils traitent de l'élevage domestique, a un sens : elle permet l'année suivante d'assurer une mise-bas des faons dans un laps de temps relativement étroit.
Quant à l'influence de la météo sur le brame, elle s'avère beaucoup moins importante que ce que l'on pense généralement. En effet, même s'il est moins spectaculaire, le brame ne se déroule pas moins les jours pluvieux ou brumeux, comme d'ailleurs par temps chaud et sec. Il se trouve simplement que ces jours-là les cerfs bougent moins et restent plus discrets. Ils ne brament pas seulement au cours des nuits de pleine lune, froides et claires, mais aussi lorsque le vent souffle ou qu'il pleut. Mais le chasseur, à ce moment-là, n'entend pas grand-chose... Par contre, c'est bien au lever du jour et à la tombée de la nuit que l'on observe les plus fortes activités de brame.


Lire Le rôle déterminant de la testostérone

    L'hormone sexuelle mâle que l'on appelle "testostérone" intervient non seulement dans le développement des bois des cerfs coiffés, mais joue aussi un rôle déterminant dans le déroulement du brame. C'est la testostérone qui stimule l'activité sexuelle des mâles, tout comme leur comportement territorial et agressif entre eux. Et lorsque la production de cette hormone mâle chute, entraînant du même coup une baisse de la production du sperme, l'intensité du brame se met à diminuer simultanément.
Mais contrairement à ce que prétendent certains chasseurs, ce n'est pas l'oestrus des biches qui donne le "coup d'envoi" du brame. Certains mâles adoptent d'ailleurs un comportement masturbatoire - allant jusqu'à l'éjaculation - avant même que la moindre biche ne soit effectivement en chaleur aux alentours.


Lire Une voix aux sonorités variées

    Le cerf en rut ne se distingue pas seulement par son comportement, mais aussi par le son guttural des cris qu'il pousse à ce moment-là. Des cris qui sont l'exutoire d'une tension intérieure très forte, mais aussi un critère de jugement mutuel entre les mâles, ainsi qu'un moyen de démarcation entre eux. Ainsi, on distingue des raires de défi, d'avertissement, de victoire, d'assurance, etc. Et quand il écarte un intrus ou courtise une biche, le cerf émet parfois une succession de cris saccadés brefs et graves.
Alors que le vocabulaire cynégétique français ne dispose que d'un nombre restreint de mots pour désigner ces cris, la terminologie des chasseurs de cerf allemands s'avère, elle, très ancienne et étendue. Ainsi, en 1898 déjà, Ferdinand von Raesfeld, spécialiste du cerf, écrivait que "le cerf en rut crie, brame, émet un son d'orgue, hoquette, rote...".
Précisons enfin que, même si le timbre de la voix du cerf bramant s'aggrave au fur et à mesure qu'il vieillit, un cerf au raire profondément guttural n'est pas forcément vieux.
Les cris des cerfs pendant la période du rut - auxquels il faut ajouter les combats entre cerfs rivaux - rendent donc les animaux plus facilement repérables par le chasseur. Aussi la chasse du cerf au brame s'avère-t-elle particulièrement attrayante et chargée d'émotions pour ceux qui la pratiquent, que ce soit à l'affût ou à l'approche.


Lire Une préférence accordée à la chasse à l'affût

    Il n'est guère facile d'arriver à tirer, au moment du brame, un grand vieux cerf bien défini que l'on a vu ou repéré auparavant par son vol-ce-l'est ou par quelque autre indice. Certes, l'animal se trahit par ses cris et laisse soupçonner sa présence à tel ou tel endroit, mais il est en mouvement continuel. Aussi faut-il agir vite si l'on veut l'intercepter sur sa place de brame ou lorsqu'il entre ou sort de sa remise. Il n'y a pas, dans ce domaine, de technique de chasse qui soit universellement applicable : chaque territoire de chasse a ses propres caractéristiques qui amènent les cerfs à se comporter de manière toujours différente. Mais c'est aussi ce qui fait tout l'attrait de cette chasse.

Plutôt que l'approche - toujours quelque peu dérangeante - l'affût est le mode de chasse le plus approprié lorsqu'il s'agit de tirer un cerf bien précis. Une fois que l'animal en question a pris possession de sa place de brame, il faut que le chasseur rejoigne son poste d'affût une heure au moins avant le coucher du soleil (pour un affût le soir) ou une heure avant le lever du jour (pour l'affût du matin). Même si les vieux cerfs restent relativement discrets dans leur expression vocale, on pourra, à ce moment-là, distinguer les éventuels déplacements des animaux pour rejoindre ou s'éloigner des places de brame. Et l'on pourra encore, le cas échéant, quitter son poste d'affût pour aller intercepter le cerf que l'on veut tirer. Cela peut réussir, surtout lorsque l'on connaît les principales coulées qu'empruntent habituellement les grands cervidés.

Mais c'est lorsque le cerf convoité se tient sur la place de brame entouré de son harpail que les chances du chasseur sont les plus grandes : c'est alors qu'il peut le tirer de son mirador ou de son paravent d'affût, en veillant à ne lâcher sa balle que si le cerf se tient immobile, bien de travers, ce qui permet alors au tireur de lui envoyer une balle mortelle au défaut de l'épaule sans risquer de le blesser. Il faut savoir en effet qu'au moment du brame les cerfs "encaissent" particulièrement bien la balle du chasseur : les recherches
au sang se révèlent alors souvent difficiles.


Lire Le chasse à l'approche

    Lorsqu'une approche du cerf convoité s'impose - ce qui est souvent le cas en haute montagne -, il s'agit de tout mettre en oeuvre pour ne pas se faire repérer, notamment par les femelles du harpail : celles-ci gardent en effet toute leur vigilance, à l'inverse du cerf lui-même qui se montre souvent obnubilé par quelque biche en chaleur. Veiller à ne pas se faire éventer et toujours échafauder une tactique d'approche à bon vent s'avère évidemment primordial. Car le pire ennemi du "pirscheur" de cerf est le vent : grâce à leur odorat particulièrement développé, les cerfs et les biches peuvent en effet détecter une présence humaine à plus de 400 mètres. Il faut donc s'assurer que l'on progresse en ayant le vent de face et toujours veiller à ce que celui-ci n'ait pas tourné. Et pour connaître la direction du vent, même le plus léger, un bon truc, si l'on n'est pas fumeur (et sans briquet), consiste à se servir d'une petite poire en caoutchouc remplie de talc (arme du guide).
En tout cas, les meilleurs conditions climatiques pour l'approche du cerf au brame sont un temps humide - pour ne pas faire craquer les feuilles au sol -, voire une légère pluie, et surtout un vent stable. Un vent tournant et un sol trop sec constituent des handicaps tels qu'il est souvent préférable de renoncer à chasser à l'approche, sous peine de déranger inutilement les animaux, et de ne plus revoir le grand cerf que l'on voulait tirer.

En plus de l'indispensable paire de jumelles à fort coefficient crépusculaire, le chasseur à l'approche devra être équipé de vêtements de couleurs neutres - le camouflé étant l'idéal - qui lui permettent de se fondre au maximum dans la végétation. Ces vêtements doivent aussi être silencieux (en loden par exemple). Le port de gants, d'une cagoule ou d'un filet de camouflage favorisent les approches à courte distance car les taches claires du visage et des mains trahissent souvent la présence d'un être humain.
Enfin, le chasseur de cerf pourra s'équiper aussi d'un appeau permettant d'imiter les différents cris du cerf au brame.


Lire Le recours à l'appeau

    Les instruments habituellement utilisés pour imiter le cerf bramant s'avèrent assez hétéroclites : un coquillage de buccin (grand mollusque en forme de cornet tourné en spirale) dont on a scié l'extrémité, une corne de bovin évidée, une tige creuse de grande berce (tige florale), un verre de lampe à pétrole, une bouteille plastique dont on a découpé le fond, etc. D'ailleurs, le principe de ces "porte-voix" a été appliqué aussi à la fabrication industrielle d'appeaux spécifiquement destinés à la chasse du cerf au brame qui sont aujourd'hui vendus dans le commerce.

Mais l'important pour le chasseur est d'être réellement capable d'imiter, à l'aide de l'instrument utilisé, les diverses sonorités émises par les cerfs. Ainsi, l'on peut émettre un raire légèrement moins grave que celui du cerf convoité. On peut aussi imiter les "rots" successifs qu'émet le cerf quand il poursuit une biche réceptive : on augmente ainsi l'excitation du cerf mâle en lui laissant croire qu'une biche en chaleur lui a échappé, ce qui pourra éventuellement l'inciter à se rapprocher du chasseur. D'ailleurs, outre cette imitation d'un cri de cerf rival, on peut aussi imiter le cri - généralement de colère ou d'effroi - d'une biche : on pourra ainsi amener par exemple un cerf en mouvement à se figer sur place.

En tout cas, cette utilisation de l'appeau doit rester parcimonieuse. Il est hors de question pour le chasseur de bramer à tout va sur son territoire de chasse, et notamment dans les remises diurnes des animaux, sous peine d'amener ceux-ci à se décantonner pour quelques semaines. De plus, il faut absolument maîtriser son instrument, ce qui demande un minimum d'entraînement, ainsi qu'une certaine virtuosité dans l'art d'émettre les sonorités des bêtes sauvages. Le moins que l'on puisse dire, c'est que tous les chasseurs ne disposent pas forcément de ce don musical... Ajoutons enfin que cette pratique de chasse n'est possible que si la réglementation locale le permet.
Remerciements Gilbert Titeux


Lire Le comportement du cerf

    L'espèce cerf est grégaire. Un représentant de l'espèce, mâle ou femelle, n'est seul que par accident. Les hardes de non-coiffés (biches et jeunes) et celles des coiffés (mâles sexuellement mûrs) vivent séparées en des secteurs qu'elles se choisissent.
La harde type de non-coiffés est formée de trois individus : la vieille biche (la mère), son faon de l'année et son faon de l'année précédente, "jeune biche" d'un an ou "daguet de première tête" selon son sexe. La jeune biche plus vieille d'un an, accompagnée de son premier faon, peut se joindre à ce groupe qui se compose alors de cinq individus. Cette cohorte permet au chasseur d'identifier assez rapidement les animaux et celui qu'il veut tirer, qui ne doit jamais être la biche meneuse sous peine de désorganiser la harde.
A l'époque du brame, dans les secteurs à faible densité, les mâles s'en vont rendre visite aux hardes de femelles. C'est l'époque où les cerfs sont bruyants et se prêtent ainsi à leur insu à leur repérage annuel par les chasseurs, mais parfois aussi à leur chasse.
Remerciements Christian Wagner, ex-président émérite FDC du Haut-Rhin



La chasse du brocard en été

Lire L'année du chevreuil

    Les animaux sauvages ignorent l'année civile des hommes et l'année du chevreuil ne commence donc pas le 1er janvier. On peut biologiquement la faire commencer en mai, mois de naissance des faons et début du cycle annuel de la vie du chevreuil.
Dans une population de chevreuils, on peut alors observer plusieurs événements marquants successifs :
- mai : naissance des faons.
- juillet-août : période du rut (accouplements des adultes).
- octobre-novembre , chute des bois des mâles (brocards).
- décembre-mars : refait (repousse) des bois des brocards.

En marge de ces événements plus ou moins longs, on peut observer :
- que les femelles (chevrettes) allaitent leurs faons jusqu'en début novembre (lesquels bénéficient alors d'une nourriture mixte : lait + végétaux) et qu'elles restent suitées par leurs chevrillards tout l'hiver jusque avant leur prochaine mise bas au printemps suivant.
- que les animaux se regroupent en hiver et peuvent être observés soit en familles (mâle + femelle + jeune(s)) dans les milieux boisés, soit en hardes (de 5 à 20 animaux parfois : M + F + J) dans les zones de cultures ouvertes à la recherche d'une nourriture variée.
- que les chevrettes d'un an et les adultes à nouveau mères sont fécondées par les brocards à l'époque estivale du rut (juillet-août), mais le développement des embryons ainsi conçus reste bloqué (diapause embryonnaire) jusqu'à l'allongement hivernal de la durée du jour, repoussant ainsi la naissance des faons à la belle saison. Miracle de la nature !
- qu'enfin, le chevreuil est par nature un animal nerveux, inquiet et discret, à la durée de vie assez courte, qui possède un estomac peu volumineux et dont la journée de 24 heures est alors, par nécessité vitale, une alternance de recherches de nourriture et de moments de repos, voire à la belle saison d'activité sexuelle ou maternelle.


Lire Pourquoi chasser le brocard en été ?

    Dès la fin de l'hiver, sous la même poussée hormonale que celle qui agite son grand cousin le cerf, le brocard s'isole pour prendre possession d'un territoire. Il y répand son odeur au sol par des gratis de ses pattes et sur les végétaux semi rigides par des frottis de ses bois pour marquer sa présence. Pour le chasseur naturaliste, ce sont les signatures de la présence d'un brocard. Celui-ci devient progressivement irascible, ne tolère aucun concurrent et chasse les jeunes mâles contraints d'aller s'établir ailleurs. Des intimidations et des combats violents peuvent aussi opposer les mâles entre eux pour la conquête des chevrettes. Cette tension atteint son paroxysme en été : c'est l'époque du rut.
Cette saison se caractérise par deux phénomènes simultanés : l'allongement de la durée du jour et une température maximum qui sont pour quelque chose dans la frénésie qui s'empare alors des brocards, d'autant qu'ils doivent mettre à profit la courte période des chaleurs de la chevrette qui ne dure que 36 heures. Si une température caniculaire freine le rut et gène le chasseur, la brièveté de la nuit facilite la tâche de celui-ci. En effet, l'activité nocturne des animaux, et singulièrement des brocards, déborde sur le début du jour et anticipe le soir sur la tombée de la nuit : ils sont donc beaucoup plus visibles à cette époque de l'année et des brocards jamais observés auparavant peuvent se révéler aux chasseurs. C'est la période idéale pour trouver un grand brocard ou un vieux brocard ravalant insoupçonné. Les jours étant longs, des mâles peuvent aussi être observés pendant la journée.
Ce mode de chasse, propice aux observations, permet aussi de mieux connaître une population de chevreuils en découvrant parfois des chevrettes accompagnées de leurs faons, belle récompense pour le chasseur !
Il était donc très tentant pour celui-ci de mettre à profit ce comportement des chevreuils. Pratiquée depuis longtemps en Europe centrale et en Alsace, cette chasse originale et passionnante s'est répandue progressivement en France depuis 1986, année de sa généralisation légale.


Lire Comment le chasser ?

    Depuis la prolifération du chevreuil dans notre pays, celui-ci est majoritairement chassé en battue, en automne et en hiver. Parallèlement, les amateurs de chasse individuelle sont toujours plus nombreux à s'intéresser au brocard et le chassent le plus souvent en été. C'est la période de l'année où il arbore fièrement ses bois, est facilement identifiable aux jumelles et excite la convoitise des amateurs de trophées. Deux possibilités s'offrent alors à eux : le chasser à l'approche ou à l'affût.
L'approche, mode le plus pratiqué, n'est pourtant pas le plus facile ni le plus efficace. Elle se pratique sur les espaces ouverts, couverts de cultures et parsemés de bois et de clairières, où les vues sont lointaines et où la marche donne au chasseur une agréable sensation de liberté. Il pourra être tenté de parcourir le maximum de kilomètres pour multiplier ses chances d'observations, ou entrecouper sa recherche de séquences d'affût face aux découverts qui s'offrent à sa vue. Dans les deux cas, se déplacer ou se poster face au vent - pas toujours facile ! - est décisif pour ne pas être éventé par l'animal dont l'odorat, mais aussi la vue, sont vitaux pour lui.
L'affût est l'autre pratique. Il peut se révéler très efficace et nombre de chasseurs ont tiré un brocard dès leur arrivée sur un territoire au cours d'une première soirée d'affût.
Selon les territoires de chasse, deux cas peuvent se présenter. Le territoire est équipé de miradors fixes ou de sièges hauts fixes ou mobiles installés aux endroits propices (cas fréquent des territoires loués ou privés bien aménagés), ou bien il n'en comporte pas (cas de la plupart des territoires associatifs qui commencent à s'adonner à cette chasse). Dans ce dernier cas, le chasseur choisira lui-même son ou ses lieux d'affût en exploitant au mieux la topographie du paysage et les lignes du terrain lui permettant de déterminer au sol les meilleurs postes d'observation et de tir.
L'utilisation d' un appeau imitant l'appel de la chevrette peut s'avérer très utile et efficace pour attirer les brocards en rut dont la réaction peut être immédiate. Cet instrument, dont l'usage est désormais autorisé en France mais qui n'est pas la panacée, est à utiliser avec modération et exige une certaine expérience de la part du chasseur.
La sécurité du tir est le premier critère dans le choix d'un poste (face à une lisière de bois, à un terrain montant permettant un tir fichant, absence d'habitations, de routes, de troupeaux !). De plus, l'itinéraire conduisant au poste d'observation (perché ou à terre), doit tenir compte du sens du vent afin de ne pas alerter les animaux situés dans le secteur d'observation (idem pour le retour). Une fois posté, savoir attendre...... !
Quel que soit le mode de chasse pratiqué, approche ou affût, c'est un art qu'il faut apprendre à maîtriser avec le temps et dans l'idéal sur un même territoire où l'on chasse seul.


Lire Quand le chasser ?

    Si la chasse individuelle des brocards commence le 15 mai en Alsace-Moselle pour les bienheureux chasseurs locaux, elle commence en principe le 1er juin dans les autres régions françaises suivant les arrêtés préfectoraux.
Cette chasse présente la particularité de se pratiquer en période du rut dont le pic se situe début août. Elle doit donc être pratiquée avec modération, c'est-à-dire en opérant des prélèvements limités et si possible sélectifs. Ainsi, les rares individus malades, blessés ou mal venus rencontrés seront tirés en priorité. Au contraire, du temps sera laissé aux mâles dominants pour accomplir leur oeuvre vitale pour l'espèce.
Le "plan de chasse" d'été des brocards peut alors s'établir ainsi : tirs sanitaires, tir des jeunes et des vieux brocards ravalant en juin et juillet puis tir des adultes en août *. Cela exige évidemment de bien juger ces animaux aux jumelles auparavant.
Sur la plupart des territoires où les chevreuils sont surtout chassés en battue, on pourra conseiller aux chasseurs d'épargner en fin de saison les grands brocards en velours prometteurs dont le tir, en chasse individuelle, sera alors reporté au cours de l'été suivant, généreuse attention à l'égard des pratiquants de ce mode de chasse.
* Préconisation de l'Association Nationale des Chasseurs de Grands Gibiers (ANCGG).



Gestion des populations de cervidés

Lire But, principe et règles de la gestion. Fautes à éviter

But de la gestion. Gérer une population de grands gibiers consiste à prendre des décisions rationnelles la concernant et à les faire appliquer par tous : pour les chasseurs, c'est le contraire du laisser-faire. Son but est d'obtenir en permanence une population en quantité et en qualité conforme aux habitudes de vie de l'espèce et adaptée à la possibilité d'accueil du territoire sur lequel elle vit. Pour les chasseurs responsables, il s'agit d'une obligation morale.

Principe et règles. Il s'agit pour les chasseurs d'obtenir une population saine et en équilibre avec la capacité nourricière du territoire. Sa composition devra se rapprocher de celle qui serait obtenue par l'action naturelle des grands prédateurs sur cette population non chassée. Cette prédation s'exerce, comme toutes les prédations, selon la loi du moindre effort sur les animaux les plus faibles : jeunes, vieux, malades, blessés. La structure type ainsi obtenue se compose donc d'une minorité de jeunes, d'une majorité d'adultes et d'une minorité de très vieux, le tout représenté dans les deux sexes.
Pour conserver une population de grands gibiers chassée viable et proche de cette structure naturelle, l'application de la règle des trois tiers : 1/3 de jeunes, 1/3 d'adultes, 1/3 de vieux * dans les deux sexes, lors des prélèvements annuels, est à rechercher.
Dans une population de grands cervidés, chaque sexe joue naturellement son rôle : une bonne population de biches et une présence de vieux cerfs sont indispensables à son avenir. Ce sont en effet les cerfs dominants qui participent le plus à la reproduction par le jeu de la sélection naturelle. Ainsi, quand trop de cerfs adultes sont tirés précocement, la population des mâles n'a pas le temps de vieillir et la sélection naturelle en pâtit, ce qui est malsain pour l'espèce.
La règle des trois tiers du plan de chasse des grands gibiers appliquée à l'espèce cerf peut s'établir ainsi : 1/3 de jeunes (M + F), 1/3 de biches, 1/3 de cerfs (2/3 d'adultes + 1/3 de vieux) *. Règle à moduler toutefois selon l'évolution de la population. Ainsi, à prélèvements équilibrés, population équilibrée.
* Préconisations de l'Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier (ANCGG)

Les fautes à éviter -et souvent condamnables- dans la gestion des populations de cervidés et de grands gibiers en général peuvent apparaître dans plusieurs circonstances.
- Lors de la détermination des plans de chasse. Pour réduire rapidement une population de grand gibier (afin de diminuer par exemple les dégâts des cervidés causés à la flore), on décide parfois dans ce cas de faire tirer un maximum de biches. S'ensuit une chute de la reproduction mais aussi un fort déséquilibre des sexes au profit des cerfs. En surnombre et alors partiellement privés de biches, ceux-ci peuvent s'affronter violemment à l'époque du rut, cause de trop nombreux morts ou blessés parmi ces mâles dont la fonction biologique a été fortement contrariée.
- Dans le comportement des chasseurs eux-mêmes. Des tireurs avides de grands trophées conduits par des guides intéressés et accueillis par des responsables de chasse indifférents n'hésitent pas à "carabiner" les plus beaux trophées et ainsi à étêter la pyramide des âges. Reste alors en place pour des années une population orpheline de ses meilleurs géniteurs mâles et déséquilibrée, composée de femelles et de jeunes mâles. Ce phénomène peut hélas se rencontrer chez tous les grands gibiers à l'accès relativement facile par les chasseurs sur le terrain.
- Dans la gestion globale des grands cervidés. Si des fédérations départementales appliquent une gestion quantitative et qualitative rationnelle de l'espèce cerf, d'autres se contentent (sans avoir obtenu mieux de leur préfecture) d'une simple gestion quantitative dont on connaît pourtant les insuffisances. A l'appui de cette affirmation, on pourrait citer des cas. Celui d'une gestion inappropriée ou déficiente d'une population de cervidés d'une vaste région où l'on découvre curieusement au fil des ans des cerfs morts... de vieillesse ! Ou cet autre où des chasseurs ont recherché en vain des grands cerfs sur un territoire pourtant réputé, ils avaient hélas été tirés trop jeunes depuis quelques années en l'absence d'un plan de chasse qualitatif local ! Etc...
- Lors de la chasse d'été des brocards. Pour satisfaire les amateurs de cette chasse, des responsables de chasse peuvent décider de faire tirer trop de brocards en été. Le risque est le déséquilibre du tableau de chasse final : trop de mâles tués et une chute inévitable de la reproduction à venir et de l'effectif global de la population.
Le bons sens veut que les brocards tués en été représentent au plus le dixième du plan de chasse total annuel : règle sage, non écrite mais couramment admise.
Une autre observation concerne une manière de chasser les brocards (pratiquée par des chasseurs souvent étrangers - opérant seuls ou secondés par des guides locaux - et qui viendrait d'Europe centrale (?) où la chasse commerciale y a une obligation de résultat). Elle consiste en une patrouille en véhicule pour localiser les brocards visibles * : pas très compliqué ni très fatiguant...! Mais en contradiction avec la réglementation (chasse en véhicule à moteur) et la morale cynégétique.
* Pratique désapprouvée par l'Association Phoebus




Lire Quelle place pour le daim ?

    Originaire du Moyen Orient où il existe à l'état sauvage, le daim a été importé dès l'Antiquité en Europe où il a prospéré. Réputé être un piètre animal de vènerie mais assurément le plus beau de nos cervidés, il fut surtout cantonné en France dans des parcs de vision. Il en existe toutefois quelques noyaux sauvages principalement échappés de parcs suite à la grande tempête de décembre 1999. La plus belle population chassée de France se trouve indiscutablement, et de longue date, en Alsace. Mais on le rencontre surtout dans des chasses commerciales clôturées. Malheureusement, ce magnifique animal dont le régime alimentaire se situe entre ceux du chevreuil et du cerf et dont les dégâts à la flore sont faibles, subit une sorte de dédain cynégétique injustifié de la part de certains chasseurs ou dirigeants et ne bénéficie pas de plans de chasse susceptibles de bien gérer ses populations éparses.
Adapté à la plupart des sols et des climats de notre pays, il ne faudrait donc pas grand chose, sinon un peu de bonne volonté, pour faire évoluer favorablement sa situation.


Lire La gestion du chevreuil par la chasse

    Le développement du chevreuil dans notre pays aura été le grand succès de la chasse française du XXème siècle. Pratiquement éradiqué partout jadis, il a retrouvé sa place en quelques décennies grâce à la volonté des chasseurs et à la généralisation des plans de chasse. Mais trop souvent, faute de connaissances suffisantes de l'espèce ou considéré comme un intrus ou un gibier facile, sa chasse laisse à désirer.
La saison de chasse du chevreuil comprend deux époques officielles :
- de l'ouverture à la fermeture générales pendant laquelle la battue est le mode de chasse le plus pratiqué;
- pendant des "périodes complémentaires de chasse" allant du 1er juin à l'ouverture générale puis courant février après la fermeture générale, les deux sur décision préfectorale bénéficiant aux territoires demandeurs (autorisations de chasse dites "individuelles", l'individu étant le territoire ).
Instituées en 1986, ces périodes permettent la chasse d'été des brocards (à l'approche ou à l'affût) - les chevrettes majoritairement suitées de leurs faons à cette saison étant épargnées - puis la fin du plan de chasse au chevreuil en février (qui peut être réalisé en battue sur les deux sexes).
En matière de gestion de l'espèce, l'attention doit être portée sur deux périodes :
- la chasse d'été des brocards doit être pratiquée avec modération afin de ne pas déséquilibrer les sexes lors des prélèvements annuels et au sein de la population d'un territoire. Il est alors admis que le nombre des mâles tirés soit égal au dixième du plan de chasse total (plan = 20 : tirs d'été = 2). Il est à noter que les chasseurs pratiquant cette chasse d'été sont autorisés à tirer également les renards pendant cette même période.
- en période d'ouverture générale de la chasse, la biologie (vie) de l'espèce doit guider la manière de chasser les chevreuils. Ainsi, les chevrettes (femelles) ayant mis bas au printemps et donc allaitantes sont suitées par leur faons jusqu'en automne. Quant aux brocards, ils sont identifiables à leurs bois jusqu'à leur chute fin octobre début novembre. Les chasseurs attachés au respect du gibier s'abstiendront donc de tirer les femelles dès l'ouverture générale pour éviter de faire de jeunes orphelins condamnés à une vie misérable ou à être prédatés et ne tireront les chevrettes qu'après le sevrage des jeunes (dans certains pays d'Europe de l'Est, le tir des chevrettes ne commence qu'en janvier !). Raisonnablement, pour limiter les confusions entre les sexes, le "plan de chasse qualitatif" des chevreuils en battue peut alors s'établir comme suit :
- tir des mâles de l'ouverture générale jusqu'au début novembre tant qu'ils sont porteurs de leurs bois et donc bien identifiables;
- tir des femelles et des jeunes à partir de début décembre seulement et jusqu'à la fermeture générale;
- tir des mâles en janvier et février à nouveau quand leurs bois sont en refait et à nouveau visibles et jusqu'à la fermeture générale.
Ce plan de chasse prendra fin quand le quota sera atteint tout en s'efforçant de respecter la parité des prélèvements mâles-femelles et la règle des trois tiers : 1/3 de mâles + 1/3 de femelles + 1/3 de jeunes.
Avec un peu de conviction et de volonté, cette méthode est à la portée de tous les territoires de chasse. Elle permet d'assurer une gestion raisonnée et durable du chevreuil et de lui reconnaître sa vraie place : celle de prince de la forêt !


Lire Comment avoir de la chasse au cerf au brame ?

    ......ou ce qu'il faut faire pour avoir de la chasse individuelle responsable au cerf.

    Dans le but de ne pas troubler les animaux avant la fin du brame, appliquer les règles suivantes :
- Dans les secteurs des hardes de biches, ni battue, ni poussée avant le 15 octobre sur quelqu'espèce de gibier que ce soit, sanglier compris !
- Eviter de rôder hors des chemins existants et essayer d'y éviter les travaux forestiers (abattage, tronçonnage...) et la recherche systématique des champignons...
- Même pour tirer un cerf le cas échéant, ne pénétrer qu'avec prudence et parcimonie sur les places de brame. Plutôt multiplier les miradors et sièges perchés autour de ces secteurs et non pas en leur milieu.
- Pas d'autre chasse du cerf qu'à l'approche et à l'affût.
- Avant le départ à la chasse, le chasseur en personne tirera au moins deux cartouches pour flamber le canon et vérifier à 100 m le réglage des organes de visée. La chasse ne pourra commencer qu'avec un réglage de lunette exact ! Inviter le chasseur à se munir de 20 cartouches du même chargement pour ne pas être en panne s'il faut régler, et même si le tir d'un seul animal est prévu !
- Tout animal qui serait sauf après le tir et qui n'est pas retrouvé blessé ou mort devra donner lieu au versement par le chasseur au territoire d'une indemnité prévue à l'avance.
Les bonnes pratiques de chasse en Alsace. Remerciements Christian Wagner


Lire Réglage des carabines à lunette

    Certains chasseurs possèdent une carabine munie d'organes de visée (guidon et hausse portant un cran de mire ou un oeilleton) réglables en hauteur et en direction et permettant des tirs précis à moyennes distances. Pour ceux-là, l'usage d'une lunette de tir n'est pas indispensable, d'autant moins que ces armes sont ainsi plus légères et permettent une prise de visée plus rapide. Mais ces armes sont rares ! Pour les autres chasseurs, le recours à des lunettes s'est généralisé depuis quelques années, leur prix étant devenu souvent abordable.
Deux principes s'imposent tout d'abord aux chasseurs :
- L'usage d'une lunette ne sert pas à tirer plus loin mais à atteindre avec précision le gibier visé.(****)
- L'usage d'une lunette ne permet pas de devenir spontanément un très bon tireur !
Seul l'entraînement au tir peut le permettre.

    En principe, le réglage d'une carabine (avec ou sans lunette) se fait en deux temps : le "réglage de l'arme" et le "réglage du tireur". Le premier est réalisé par un tireur confirmé utilisant de préférence un appui réglable; l'arme ainsi parfaitement réglée peut être confiée à n'importe quel chasseur (mais sous réserve de son propre réglage comme suit). Le second est réalisé par l'utilisateur de l'arme lui-même et tient compte de sa visée et de sa morphologie propres : c'est son réglage personnel ou réglage du tireur (rarement utilisable par d'autres tireurs).
Mais bien souvent, l'arme est réglée directement par le tireur lui-même... avec plus ou moins de bonheur !
Avant de réaliser le réglage proprement dit de l'arme et afin de gagner du temps et faire des économies de cartouches (toujours plus chères !), il est vivement conseillé de dégrossir son réglage (*) en procédant comme suit :
- s'assurer auparavant que la lunette ait été correctement installée sur l'arme, son axe parallèle à celui du canon.
- installer une cible N° 50 ou "C 50" (de tir sportif à visuel circulaire noir zoné) à une distance assez courte : 50 m.
- enlever la culasse de la carabine (carabine à verrou) ou démonter l'arme (carabine basculante);
- fixer la carabine ou le canon équipés de leur lunette sur un support fixe (indispensable) réglable en hauteur et direction;
- régler les deux molettes de la lunette sur leurs positions zéro;
- viser la cible par l'intérieur du canon que l'on déplace à l'aide du support réglable;
- puis, sans bouger le canon, viser le même point avec la lunette en déplaçant son réticule à l'aide des deux molettes (ne pas se tromper de sens ! Voir ci-dessous pour les clics).
Le dégrossissement est terminé, compliqué en apparence seulement. Point important : disposer d'un support réglable en hauteur et direction.
On passe alors à la deuxième étape : le réglage par le tir proprement dit.
Il existe plusieurs procédés de réglage présentant chacun avantages et inconvénients, présentés ci-dessous du plus compliqué au plus simple.

- 1. Réglage par déplacement du point moyen d'un groupement d'impacts.
Procédé reposant sur le phénomène de la dispersion naturelle des impacts caractérisant chaque canon et chaque munition.
Utiliser la même cible que ci-dessus dont on n'aura conservé que le demi visuel supérieur permettant une visée plus fine de la lunette (la barre horizontale de son réticule venant au contact de sa base).
--Tirer avec application (constance de pointage) une série de cartouches, 2 à 10 au choix.
--Déterminer le "point moyen" du groupement obtenu : milieu du segment formé par 2 impacts, centre de gravité (intersection des bissectrices) du triangle formé par 3 impacts, intersection des deux médianes perpendiculaires divisant les impacts en quatre nombres égaux (groupements de 4 à 10 impacts).
--Mesurer les coordonnées rectangulaires (x,y) en mm du point moyen par rapport au centre de la cible et les transformer en nombres de clics obtenus en divisant par la valeur du clic (10 mm pour lunettes européennes, 3 mm pour lunettes américaines).
--Faire les corrections correspondantes en hauteur (up/down = haut/bas) et direction (left/right = gauche/droite) en cliquant (dans le bon sens)(**) avec la (bonne) mollette.
--Tirer une ou deux cartouches avec ce réglage afin d'atteindre le centre de la cible. Répéter cette opération si nécessaire. Vérifier le résultat final obtenu en tirant une dernière cartouche pour confirmation.
Fin du réglage, compter le nombre de clics obtenu sur chaque mollette et conserver par écrit ces "éléments de tir " valables pour la seule munition utilisée (***).
Avantages du procédé : précision "scientifique" et sûr.
Inconvénients : un peu fastidieux et peut entraîner une consommation importante de cartouches.

- 2. Réglage par déplacement du point d'impact.
Il s'agit ici d'atteindre progressivement le point visé (centre de la cible) en tirant cartouche après cartouche et en cliquant après chaque impact comme ci-dessus. Le réglage est considéré comme terminé quand le dernier impact est dans un cercle central de 10 cm à 100 m (****). Prendre les mêmes dispositions en fin de réglage que ci-dessus.
Avantages du procédé : simplicité, rapidité, attractivité. Peu de cartouches tirées... par les bons tireurs !
Inconvénients : conseillé surtout aux (très) bons tireurs ayant la "constance de pointage" permettant d'aller vite et bien. En effet, il est toujours risqué de régler à partir d'un seul impact car il peut s'agir d'une "mauvaise balle" ou pire d'un coup de doigt (qu'il faut alors s'empresser d'ignorer).

- 3. Réglage rapide.
Le réglage de l'arme est douteux ou son résultat au tir est insuffisant. Installer solidement la carabine sur un bon chevalet de tir et procéder comme suit :
--Tirer une 1ère cartouche, le réticule de la lunette étant placé au centre de la cible.
--Sans toucher ni faire bouger la carabine, déplacer le réticule sur l'impact ainsi obtenu en cible où qu'il soit en cliquant à l'aide des deux mollettes de réglage de la lunette.
--Tirer une 2ème cartouche en visant cet impact, le nouvel impact obtenu est logiquement au centre de la cible. Miracle du procédé !
Ce réglage est valable jusqu'à 100 m. Pour un réglage à la DRO (distance de réglage optimum, environ 200 m pour les carabines) de la munition utilisée, viser sur la cible placée à 100 m à 4 cm au-dessus de son centre ou 1,5 cm à 50 m. Un tir de vérification sur une cible installée à la DRO s'imposera car la trajectoire est plus longue !
Avantages du procédé : simplicité, rapidité, facilité, économie de cartouches, lui-même auteur de la manipulation, l'utilisateur de l'arme est sûr de son réglage.
Obligation : utiliser un chevalet sérieux permettant une stabilité absolue de l'arme sans déplacement possible entre les 2 tirs. Comme pour les autres procédés, noter les "éléments de tir" affichés sur les mollettes de la lunette après le réglage.

(*) Il existe sur le marché des appareils dits de réglage projetant un rayon laser à distance (embout à introduire à l'extrémité du canon ou fausse cartouche à introduire dans la chambre, les deux alimentés par pile) ainsi que des collimateurs de réglage portés par une tige à introduire à l'extrémité du canon. Ces moyens permettent de dégrossir le réglage par convergence de la lunette avec le canon à courte ou très courte distance, ne dispense pas d'utiliser un support de tir lors de l'opération ni surtout de poursuivre le préréglage obtenu par un tir réel de vérification de plusieurs cartouches à la distance usuelle de l'arme.
(**) Petit moyen mnémotechnique pour régler en direction (lunettes, oeilletons, crans de mire) : - vers la droite : Droite Dévisser = D D.
............. - vers la gauche c'est le contraire donc : Gauche Visser.
(***) Dans un même calibre, chaque munition a sa propre trajectoire de balle, celle-ci variant d'autant plus que son chargement (poudre, balle) est différent. Avec la même carabine tirant des munitions différentes, les impacts obtenus en cible seront donc dispersés. Pour s'en convaincre, tirer plusieurs munitions différentes du même calibre sur la même cible, le résultat est éloquent ! Le chasseur est alors facilement convaincu de la nécessité d' utiliser toujours la même munition avec un réglage donné. S'il veut changer de munition, il devra recommencer le réglage !
(****) Cette exigence de précision, valable pour tous les réglages, tient compte de la nécessité d'atteindre, lors des tirs de chasse au poser, la zone cardiovasculaire des grands gibiers estimée à un cercle de profil de 15 cm de diamètre, afin de provoquer leur mort rapide ou instantanée.


Lire Pitié pour les faons !

    Les faons des cervidés naissent en mai, à l'époque des premières fenaisons et récoltes de fourrages verts. Si ceux des cerfs se trouvent principalement dans les massifs forestiers, ceux des chevreuils se rencontrent en majorité sur les coteaux semi boisés et dans les plaines où la mécanisation des récoltes n'a cessé de se développer. Ainsi, il n'est pas rare, pour un chasseur pratiquant la chasse d'été du brocard, de découvrir en juin de jeunes faons de chevreuils blottis dans des prés de fauche. De telles observations et photos de jeunes animaux vivants ou hélas morts, ne sont pas rares (y compris sur ce site à la page Revue de presse) ou sur des articles de presse.
L'immobilité qui caractérise le comportement des jeunes animaux sauvages leur permet d'échapper aux prédateurs. Mais face au risque que représentent les machines agricoles qui ne sont pas des prédateurs naturels, ce réflexe d'immobilité ne leur sert à rien, se retourne inévitablement contre eux et cause leur perte. C'était déjà le cas pour le petit gibier naturel à la belle époque de son abondance, c'est maintenant vrai pour les faons de chevreuils de plus en plus nombreux.
Il faut bien être conscient du progrès réalisé par le machinisme agricole en quelques décennies. Dans le temps, à la vue du gibier, le faucheur pouvait arrêter les animaux de trait ou son tracteur pour laisser fuir le gibier ou épargner la couvée et récupérer parfois les oeufs. Aujourd'hui, juché dans la cabine de son monstre d'acier roulant bon train, le faucheur-pilote n'a guère le loisir d'observer la petite faune, les lames rotatives de sa machine entourées de jupes ou recouvertes par un capot rigide exécutent leur tâche à la perfection et à l'abri du regard humain. Tout massacre éventuel est alors parfait !
Ainsi, chaque printemps, par de belles journées ensoleillées, des milliers de faons de chevreuils perdent la vie en une seconde. Et le chasseur responsable - tout comme l'agriculteur - de se poser la seule question qui vaille : mais comment faire pour limiter cette hécatombe ?



Aménagement des territoires chassés

Lire L'aménagement des territoires par Gilbert Titeux

Comment devenir un chasseur de grand gibier responsable et respectueux du gibier et de la nature. Ouvrage accessible à tous. 205 pages. Edition 2009. Editions du Gerfaut.


Lire Diagnostic et aménagement des territoires par Bernard de Polignac. Voir
ci-dessous dans Bibliographie.


Lire Le chevreuil - Aménagement des biotopes par Helmut Fladenhofer

Une méthode pratique expérimentée en Autriche et à la portée de tous pour obtenir une population de chevreuils en bonne santé sans négliger pour autant les intérêts sylvicoles. Pour chasseurs, propriétaires terriens et gardes forestiers ou gardes chasse.
Edition 2013, 155 pages, format 17,5 x 24,6 x 1,5. Editions du Gerfaut.



Bibliographie

Lire Le mouflon - Quel avenir pour les grands mammifères sauvages de montagne face à des activités humaines croissantes ? - Gilbert Massol.

Par Gilbert Massol, naturaliste, membre fondateur de la Réserve de chasse et de faune sauvage du Caroux-Espinousse (34). Edition 2005. Petit format pratique 21x15, 150 pages (dont un chapitre consacré aux parcs nationaux et réserves naturelles). Seul livre en français traitant à ce jour du mouflon de Corse. Chez l'auteur à 34240 Lamalou-les-bains, tél 04 67 95 20 39.


Lire Diagnostic et aménagement des territoires - Grand gibier - Bernard de Polignac.

par Bernard de Polignac, ingénieur agronome, expert en évaluations immobilières forestières et chasseur. Ouvrage très complet et illustré, centré sur le grand gibier. Format 25x17, 240 pages. Chez l'auteur : 7, rue de Marignan 75008 PARIS, tél-fax 01 43 59 39 52.


Lire Le grand gibier - Les espèces, la chasse, la gestion - par l'Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier (ANCGG).

Ouvrage très complet et réédition 2013 de l'ANCGG, véritable monument de la littérature cynégétique française, 373 pages, format 24,6 x 17,6 x 2,6. Editions du Gerfaut. En vente à l'ANCGG.


Lire Le cerf - Biologie, comportement, gestion - Dr Roger Fichant.

Par le spécialiste belge du grand cervidé, la Belgique étant le grand pays de la chasse au cerf. Ouvrage très complet, 248 pages, édition 2003, Editions du Gerfaut.


Lire Le sanglier - Aménagements, gestion, chasse - François Magnien.

Ouvrage très complet par F. Magnien, spécialiste français reconnu du sanglier. Edition en 2010, 257 pages, format 21 x 14 x 1,4. Editions du Gerfaut.


Lire Traité de la recherche du grand gibier blessé par l'Union Nationale des Utilisateurs de Chiens de Rouge (UNUCR).

Ouvrage complet et très pédagogique rédigé par l'UNUCR, édition 2000, 275 pages, format 25,8 x 18,6 x 2. Editions du Gerfaut.


Lire La recherche du grand gibier blessé - Entraînement pratique du conducteur et du chien - Julia Nunssen, Chris Balke et Gilbert Titeux.

Guide pratique complet et très illustré, 143 pages, format 24,6 x 19,8 x 1,4. Editions du Gerfaut.


Lire Chevreuils d'hier et d'aujourd'hui - Dr Francis Roucher.

Tout sur le chevreuil, ouvrage très complet à caractère scientifique, édition 2008, 284 pages, format 26 x 19,2 x 2,2. Editions du Gerfaut.


Lire Savoir découper un gibier à poil ou à plume. Eugène Mertz.

Grand prix 2006 du livre cynégétique. Premier ouvrage en français traitant du sujet.
Par Eugène Mertz, chasseur, boucher et éditeur ! 1 tome.


Lire L'examen sanitaire initial - Les pathologies d'un gibier. Du même auteur : E.Mertz.

Par Eugène Mertz, format 29 x 21, 200 pages, tomes 1 et 2.


Lire L'anatomie d'un gibier - La balistique lésionnelle d'une balle ou d'une flèche. Du même auteur : Eugène Mertz, adresse ci-après...

Par Eugène Mertz, format 29 X 21, 200 pages, tome 1.
Ces trois ouvrages ci-dessus qui ont constitué un véritable événement dans la chasse française sont disponibles chez l'auteur : Mr Eugène Mertz 5, rue de la Croix 57420 Pournoy la Grasse. Tél 06 75 21 57 63 , mertz.eugene@orange.fr


Lire Manuel de rechargement n°6 - René Malfatti.

Par René MALFATTI, 6ème édition de son remarquable manuel de rechargement des munitions métalliques encore plus complet que les précédents. Tout sur les calibres, poudres, projectiles, composants, outils de rechargement ...
Parution février 2011, format 21 x 29,7, aux Editions Crépin-Leblond.
Avec le développement de la chasse aux grands gibiers et la consommation croissante des munitions métalliques dont le prix n'a cessé d'augmenter avec la demande et l'évolution du cours mondial des métaux, les chasseurs de grands gibiers auraient donc bien tort de ne pas s'organiser entre eux pour pratiquer le rechargement de leurs douilles tirées et diviser ainsi par trois le prix de revient de leurs cartouches !


Lire Le chien de sang à la recherche du grand gibier blessé. Par Henri Fuster + , pionnier de cette discipline en France.

Préface de René Depoux, fondateur et grand président du Club Français du Teckel. Premier et remarquable ouvrage traitant en français dans le détail de cette discipline nouvelle à l'époque en France et qui fut sûrement à l'origine de vocations de conducteurs de chien de sang. 207 pages, Editions du Gerfaut, 1986. Non réédité (?), à rechercher !


Lire Le chevreuil, chasse et gestion. Par Richard Prior.

Préface de F. du Boisrouvray et traduction de Francis Roucher, spécialistes français des cervidés. L'auteur fut le grand spécialiste anglais du chevreuil. Ouvrage très complet et très agréable à lire, l'un des meilleurs traitant du sujet. Petit format pratique, Editions du Gerfaut, 1981. Non réédité (?), à rechercher !


Lire Le cerf. Par Guy Bonnet et François Klein.

Par Guy Bonnet et François Klein, spécialistes du cerf. L'un des rares livres contemporains français traitant du sujet. Editions Hatier, 1991.


Lire Quel avenir pour le cerf, le chevreuil et le sanglier ? Par Roger Fichant.

Ingénieur agronome, spécialiste de la forêt et sylviculteur, l'auteur se livre à une analyse pertinente du comportement de ces trois espèces et propose des solutions pour une gestion des territoires favorable à ces gibiers passant par une concertation entre les différents utilisateurs de la nature. 176 pages, nombreuses photos couleurs, Editions Montbel.


Lire Le cerf élaphe, comportement et sociologie des deux sexes . Par Clutton-Brock, Guinness et Albon.

Remarquable et récente étude scientifique réalisée par des chercheurs de l'Université de Cambridge sur une population sauvage de cervidés en Ecosse.
Très rare ouvrage étranger traitant du cerf et traduit en français. Etude la plus complète à ce jour sur l'espèce. Pour chasseurs passionnés par le grand gibier et voulant compléter leurs connaissances sur le cerf. Traduit de l'anglais par Michel Gascard.
Editions Crépin Leblond. 369 pages. En vente à l'ANCGG.


Lire Le chevreuil nouveau. Par Stéphan Levoye.

Très beau livre à la gloire du chevreuil, pour s'informer, admirer ou offrir. 200 photos couleurs de Stéphan Levoye, textes de Guy Bonnet/ANCGG. Le chevreuil, c'est le sauvage près de chez vous ! Format 28,5 x 27 cm, 192 pages couleur, édition 2015. En vente chez l'auteur : rens : levoye.stephan@wanadoo.fr - 06 11 88 95 61 - www.stephanlevoye.com


Lire Au nom du cerf.
Par Philippe Moës et Gérard Jadoul, deux spécialistes belges du cerf.

Les rédacteurs de ce livre, le plus abouti de leur production, sont à l'origine d'une gestion novatrice du cerf fondée sur la photographie et l'analyse des mues. Ce livre raconte, entre autres, le suivi d'une douzaine de cerfs dont certains pendant une dizaine d'années.
180 pages illustrées de très belles photos. En vente aux Editions du Perron. www.perron.be .



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Un trait d'union entre les chasseurs

" Je ne devrais enseigner à prendre les bêtes que par noblesse et gentillesse et pour y prendre agrément. Il y aurait ainsi plus de bêtes si on ne les tuait pas faussement et on en trouverait toujours à chasser "
Gaston Phoebus

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